Avec Miyò ralé to kannon, Nilaja F. J. Ousenie offre un livre rare et nécessaire. Entièrement écrit en créole guyanais, ce recueil de nouvelles suivi d’une série de poèmes s’inscrit dans une lignée trop mince : celle des œuvres qui assument la langue du pays, non comme un folklore, mais comme un espace littéraire majeur.
Cent trente-neuf ans après Atipa d’Alfred Parépou, texte fondateur des créolophones, l’autrice prend le relais avec une liberté réjouissante. Elle explore la vie guyanaise dans ce qu’elle a de plus quotidien, de plus drôle, de plus tendre aussi. Les réalités sociales y affleurent sans jamais écraser le récit ; l’humour et la vivacité de la langue donnent aux textes un rythme qui surprend, qui pique, qui réveille.
On lit ces pages comme on écoute une voix familière : directe, chaleureuse, parfois impertinente. Une voix qui raconte les siens, tout en révélant, en creux, ce qui nous relie tous. Ce mélange de précision sociolinguistique et de sensibilité narrative fait de ce livre un futur classique pour qui s’intéresse au créole. Et un plaisir de lecture pour tous les autres !
Miyò ralé to kannon, c’est la preuve que la littérature créole guyanaise n’appartient pas au passé : elle est en pleine vitalité. Elle respire. Et elle a beaucoup à dire.
Avis lecteur stagiaire



